Traitement de la cellulite par le laser et la radiofréquence
1/ Qu’est-ce que la cellulite ?
C’est le phénomène bien connu de la « peau d’orange » qui touche 95 à 98 % des femmes.
Les modifications anatomiques sont de mieux en mieux connues.
La cellulite comporte, à des degrés divers :
- une augmentation de volume des lobules de graisse sous la peau (l’hypoderme),
- une fibrose des cloisons de conjonctif entre les lobules adipeux,
- une rétention d’eau emprisonnée entre les lobules, influencée par les modifications hormonales du cycle
- et un vieillissement de la peau sus-jacente.
De nombreux traitements ont été proposés dont les plus efficaces tels que l’endermologie ou la mésothérapie nécessitent un entretien permanent.
L’élément essentiel sur lequel agissent les lasers et la radiofréquence est la fibrose des cloisons de tissu conjonctif entre les lobules de graisse et le collagène de la jonction dermo-hypodermique.
Ces nouveaux traitements stimulent la formation de néo-collagène mais les actions sur le tissu graisseux lui-même font l’objet d’études
6 séances Smoothbean. Patiente agée de 56 ans. Photos copyright Régine Bousquet-Rouaud.
2/ Quels types de laser doivent être utilisés ?
Depuis quelques années, les lasers infrarouges (1064 nm et 1450 nm) sont mis à disposition pour traiter le vieillissement de la peau. Ils peuvent également atteindre l’hypoderme donc la cellulite.
Les lasers infrarouges peuvent être associés à la radiofréquence uni ou bi polaire.
Les lasers associés ou pas à la radiofréquence doivent être puissants pour arriver à atteindre l’hypoderme tout en protégeant la peau afin de ne pas la léser ainsi que les tissus profonds comme le muscle afin de ne pas provoquer de rétraction.
Les appareils qui ont fait l’objet de publications scientifiques sont les suivants : le GentleYag, le Velasmooth, le Velashape, le Titan; la liste n’est pas exhaustive.
Les ultrasons thérapeutiques (Ultrashape) ne sont pas des lasers ni de la radiofréquence, ils agissent en détruisant la membrane des cellules graisseuses et peuvent être associés aux techniques précédentes.
5 séances Smoothbean. Patiente agée de 56 ans. Photos copyright Régine Bousquet-Rouaud.
3/ Est-ce efficace ?
Oui : les résultats après traitement ont fait l’objet de publications scientifiques, dans lesquelles les résultats sont évalués par des photographies, des échographies et des biopsies de peau.
Lorsque les machines sont puissantes et selon les études, en réalisant une séance tout les 15 jours en moyenne, le traitement réduit de façon significative le phénomène de la peau d’orange.
L’action spécifique de ces traitements est complexe: les lasers infrarouges et la radiofréquence agissent en provoquant une augmentation de température de l’hypoderme qui déclenche un processus de modification du collagène rigidifié entre les lobules adipeux. La résultante est la formation d’un néo-collagène, plus souple, une densification du derme et une réduction du phénomène de peau d’orange.
Votre praticien décidera lors de la consultation préalable du type de machine à utiliser et du nombre de séances en fonction de l’importance de la cellulite.
4/ A qui s’adresse ce traitement ?
Ce traitement s’adresse à toutes les femmes qui présentent une cellulite ancienne et rebelle aux autres traitements.
Toutes les zones du corps peuvent être traitées : les cuisses, les bras, l’abdomen, les flancs.
Bien entendu l’activité physique régulière et l’hygiène alimentaire (limiter les sucres d’absorption rapide et les régimes riches en graisse) sont conseillés pour éviter les récidives.
3 Nd:Yag. Patiente agée de 48 ans. Photos copyright Régine Bousquet-Rouaud.
5/ Le déroulement de la séance
La pièce à main du laser ou de l’appareil de radiofréquence est appliquée sur la peau de telle sorte que l’on obtienne à la fin de la séance, une rougeur progressive et modérée de toute la surface traitée.
La séance n’est pas douloureuse sauf dans quelques zones particulières (sous le pli fessier, et à la face interne des genoux); il est possible de faire précéder le traitement de crème anesthésiante sous pansement occlusif.
Après la séance, une crème apaisante est appliquée.
Les expositions solaires sont déconseillées pendant 48 heures ou plus si la rougeur persiste.
La prise de substance photosensibilisante (bêta carotène) est contre indiquée pour éviter les hyperpigmentations post inflammatoires.
Reduction de la Cellulite Velashape après 3 traitements - Photos copyright Gerald Boey, MD, Canada
6/ Est-ce vraiment définitif ?
Le recul sur cette technique est de 4 ans. Après un traitement initial de 3 à 10 séances selon l’importance de la cellulite, il est conseillé de faire 2 ou 3 séances d’entretien par an.
En effet les modifications de la peau se poursuivent à cause du vieillissement des tissus et selon les patientes, le relâchement cutané peut se développer de façon plus ou moins importante.
Il faut insister sur le rôle aggravant des expositions solaires en général dans le vieillissement de toutes les structures de la peau et dans l’aggravation de la cellulite.
Reduction de la Cellulite Velashape après 5 traitements - Photos copyright Gerald Boey, MD, Canada
7/ Les risques
Ils sont de deux types :
- l’absence d’efficacité liée à une machine peu puissante
- la survenue de taches brunes en cas d’exposition solaire trop précoce après la séance
- enfin, celui de brûlures plus ou moins superficielles liées à un mauvais réglage de la machine
Remodelage de la silhouette Velashape après 7 traitements - Photos copyright Gerald Boey, MD, Canada
8/ Les contre-indications
- La grossesse en application du principe de précaution.
- Les contre- indications d’ordre local : infections, inflammation de la zone à traiter.
L’insuffisance veineuse avec présence de varicosités n’est pas une contre-indication car les lasers infrarouges améliorent toujours les varicosités.
Réduction de la circonférence Velashape après 5 traitements - Photos copyright Gerald Boey, MD, Canada
9/ Par qui ?
Par les médecins spécialistes de la peau et spécialisés également dans la pratique des lasers et de la radiofréquence.
10/ A quel rythme ?
Le rythme des séances dépend du type des machines qu’on utilise, de l’existence de rétention d’eau ou d’un vieillissement de la peau prédominant. Compter une séance tous les 15 jours en moyenne, ou toutes les 3 semaines, en traitement d’attaque afin d’obtenir des résultats rapidement visibles.
11/ Qu’attendre du traitement ?
La peau d’orange est de moins en moins visible, les tissus sont plus toniques et la peau plus élastique.
La circonférence des bras ou des cuisses est diminuée.
Cependant, la réactivité des tissus est variable selon les individus et le nombre de séances ne peut être prévu de façon formelle.
Avant tout traitement, une consultation médicale approfondie permettra :
- de dépister les lésions de la peau qui peuvent contre indiquer les lasers (grains de beauté, lésions dermatologiques diverses).
- de vous expliquer la technique en détail ; un devis et une fiche d’information vous seront remis.
Compte rendu de l’ASLMS
Technologies destinées aux anomalies du tissu adipeux
Régine Bousquet-Rouaud
Les thérapeutiques visant la cellulite doivent être distinguées de celles détruisant le Tissu adipeux (TA) car elles peuvent n’avoir aucun effet sur le TA, l’inverse étant également vrai.
L’ABLATION NON INVASIVE du TA est du domaine des Ultrasons thérapeutiques, de la radiofréquence (RF) et de la cryolipolyse.
Les Ultrasons : il existe 2 appareils délivrant des ultrasons focalisés sur le marché, l’Ultrashape (destruction mécanique du TA) et le Liposonix (destruction thermique du TA).
Développée depuis 2000, la technique Ultrashape® permet de détruire par voie externe les surcharges graisseuses modérées, localisées des flancs de l’abdomen et de la culotte de cheval.
Grâce au transducteur, les ondes focalisées à une profondeur de 1,5 cm, induisent par effet mécanique une rupture de la membrane des cellules adipeuses, tout en respectant les structures nerveuses, vasculaires et le tissu conjonctif, comme en témoignent les études histologiques.
Plusieurs études cliniques sont disponibles:
- Teitelbaum S.A et coll (Plast. Reconstr Surg. 120: 779, 2007),
- Moreno-Moraga J. et coll (Laser in Surg and Medicine, Avril 2007),
- Scheflan M. et coll (IMCAS 2008)
- Chan H. et coll (ASLMS 2008).
La reduction moyenne de l’épaisseur du pannicule adipeux est de 2.28cm, la réduction de la circonférence est de 3.95cm ; il n’a pas d’effet sur le taux des lipides circulants.
L’appareil n’est pas disponible aux USA et n’est pas agréé par la FDA. Principale critique: pas d’étude comparative, un côté traité et l’autre côté non traité.
Un autre appareil est disponible sur le marché (LipoSonix®) pour lequel les études cliniques, sont en cours et il n’a pas l’agrément de la FDA non plus.
La RF :
Le Thermage®) , RF monopolaire, induit une lipoatrophie mais les études cliniques sont en cours.
Le Velashape®), RF bipolaire associé à une lumière pulsée et une aspiration a reçu l’approbation de la FDA pour la cellulite mais son effet sur la réduction de volume du TA fait l’objet d’études en cours.
La Cryolipolyse :
C’est un tout nouveau concept étudié au centre Wellman: la réfrigération externe du TA à l’aide de pièces à mains appropriées déclenche une lipolyse sans causer de dommages aux tissus avoisinants. La technique est sélective et sans effet secondaire notoire.
Le mécanisme invoqué est celui d’une cristallisation des lipides dans les cellules adipeuses qui induit l’apoptose cellulaire, suivie d’une dissolution de la cellule qui libère peu à peu son contenu en lipides. Le mécanisme inflammatoire secondaire aboutit à une réduction de l’épaisseur du TA. Une étude multicentrique incluant 12 sites a été présentée: traitement des « poignées d’amour » et de la graisse du dos, un côté traité, l’autre servant de témoin, 120 patients, évaluation 4 mois après traitement par échographie et histologie. Résultats encourageants. Effets secondaires à type de rougeur et oedème, parfois prurit.
TRAITEMENT DE LA CELLULITE
Près de 98% des femmes en période post pubertaire se plaignent de cellulite. Ce phénomène s’explique en partie par une anomalie génétique liée au sexe de l’architecture de la peau, des facteurs vasculaires et inflammatoires surajoutés et une fibrose des travées de tissu conjonctif.
Chez la femme, la graisse sous-cutanée est cloisonnée par des travées de tissu fibreux orientées perpendiculairement par rapport au derme créant des indentations de tissu graisseux dans le derme profond; ces hernies graisseuses, à la jonction derme hypoderme sont mises en évidence par l’échographie de haute résolution et la résonance magnétique nucléaire.
La Radiofréquence (RF) délivre par une, deux ou trois électrodes de la chaleur au derme et à l’hypoderme à une profondeur variable, dénaturant le collagène et induisant in fine une synthèse de néo collagène.
Selon l’énergie délivrée par la pièce à main utilisée, on obtient une diminution significative des irrégularités de surface et une amélioration de la texture et de la laxité de la peau en 3 à 6 mois.
Une réelle activation de la lipolyse fait l’objet d’études en cours.
Les différents appareils commercialisés, leur association dans le temps et un programme de traitement selon les zones du corps, font toujours débat…
Les Lasers associés ou non à de la RF (Triactive, Velashape , Smoothshape), ont une certaine efficacité mais des améliorations sont nécessaires pour diminuer le nombre de séances.
Pour le futur, le développement des technologies doit être adapté aux anomalies intrinsèques de la cellulite, c’est-à-dire la modification de l’architecture des travées inter lobulaires dans l’hypoderme.
Le TA reste une cible attirante et la photothermolyse sélective des lipides grâce à l’utilisation de longueurs d’ondes préférentielles est un des axes de recherche actuelle.
LA LIPOLYSE INVASIVE OU ENDOLIPOLYSE LASER
Le développement de l’endolipolyse est né de la nécessité de provoquer une rétraction cutanée harmonieuse après réduction du pannicule adipeux, ce que la liposuccion traditionnelle ne peut accomplir.
Les longueurs d’ondes utilisées (LO) sont sélectionnées selon les machines disponibles, en fonction de leur affinité pour le TA: le Nd:Yag 1064nm, la diode 980nm, l’association de 1064nm, 1320nm et enfin 1440nm.
En sortie de sonde, est délivré le rayonnement photonique directement dans le TA par voie transcutanée à l’aide d’une micro fibre optique et après anesthésie tumescente. Les nouveaux appareils sont équipés d’un système d’aspiration du tissu graisseux lysé.
Deux effets se conjuguent: un effet photomécanique et un effet thermique avec coagulation et fusion des adipocytes.
Les indications: zones de faible épaisseur graisseuse, poignée d’amour ou dos, région sous-mentonnière, sous-ombilicale, bras, cheville, face interne des cuisses.
Les avantages: la liquéfaction des adipocytes facilite leur élimination, la peau se contracte, pas de saignement, peu d’effets secondaires tels qu’œdème et douleurs; les résultats sont rapides et la période de cicatrisation réduite.
Les inconvénients: la procédure est longue, des brûlures au point d’entrée de la sonde ont été décrites de même que la rupture de la sonde en sous-cutané profond.
Les techniques de modification de la silhouette sont en plein essor et plusieurs appareils, sont nécessaires pour couvrir toutes les indications face à la demande des patients toujours croissante. La prudence reste de rigueur devant la prolifération de certaines techniques peu ou pas validées par les études cliniques.