Epilation laser

 

La technique

Plusieurs méthodes sont utilisées depuis plus de 10 ans, laser Rubis, laser Alexandrite, laser diode, laser Nd:Yag ou lumière intense et pulsée (IPL). Le laser émet un faisceau de lumière qui est absorbée par le pigment contenu dans la tige du poil : la mélanine.
La lumière est transformée en chaleur qui détruit les cellules responsables de la formation du poil.
La peau est protégée par un système de refroidissement : gaz pulsé ou pièce à main refroidie, afin d’éviter les brûlures.
L’appareil utilisé doit être suffisamment puissant; dans le cas contraire, les poils se reformeront. La programmation des paramètres de traitement doit être réalisée par votre dermatologue spécialisé en laser.

 

On peut actuellement, avec les lasers médicaux, parler d’épilation définitive, comme de nombreuses études scientifiques ont pu le démontrer. L’épilation laser détruit 80 à 95% des poils traités à 5 ans. Plusieurs séances sont nécessaires, espacées de 1 à 6 mois en fonction de la zone traitée car le nombre de poils par cm² est variable ; les poils ne sont pas tous accessibles au laser en fonction de leur stade de pousse.

Epilation laser par le Dr Bousquet à Montpellier

Epilation au laser Lutronik Advantage avant / après 2 séances

Epilation au laser Lutronik Advantage avant / après 2 séances

Epilation de l'abdomen au laser Lutronik Advantage avant / après 2 séances

Les indications

L’épilation laser peut être réalisée dans un but esthétique ou médical. Classiquement pour la majorité des lasers, les poils bruns et châtains, en peau claire sont les plus facilement traités. Les poils blancs ne peuvent être traités par les lasers ou les lampes.
En effet, la peau contient plus ou moins de mélanine selon que l’on est mat ou clair de peau et la lumière du laser peut donc être captée également autour des poils. D’où l’intérêt de ne pas avoir récemment été exposé au soleil. Mais les peaux noires peuvent également être traitées avec les lasers Nd:Yag en utilisant des paramétrages spéciaux. De même les poils blonds peuvent être traités par les lumières pulsées de forte puissance avec précaution.


Votre dermatologue vérifiera l’état de votre peau avant la séance. Toutes les parties du corps peuvent être épilées :
- Chez la femme : visage et maillot le plus souvent.
- Chez l’homme : le dos, les bras, la nuque, le cou mais aussi les bords des oreilles.
La seule zone qui ne peut être épilée en raison de la proximité de l’oeil est le dessous des sourcils.

Epilation laser

 

Dans certains cas, la présence de poils est liée à une anomalie hormonale, confirmée par la prise sang et l’analyse d’urines. 

Le remboursement des séances de laser sur le visage exclusivement, est soumis à l’accord préalable avec la Caisse de Sécurité Sociale.

 

Les précautions

Ne plus épiler les poils à la pince ou à la cire avant les séances pour conserver « les cibles » du laser.
Pour limiter la gêne esthétique, il est conseillé de décolorer les poils, de les couper ou de les raser entre les séances (en évitant de déborder en dehors de la zone traitée par le laser).

 

Cesser la décoloration 1 semaine avant la séance pour le visage.

 

Eviter tout bronzage récent (moins de 15 jours ou moins d’1 mois selon les zones) par exposition solaire ou en cabine d’UV.

 

Dans tous les cas se conformer strictement aux prescriptions de votre dermatologue. Une consultation préalable est obligatoire: elle permet le dépistage des contre-indications (grossesse, lésions de la peau) de fournir informations et devis (mentionnant le nombre de séances et les tarifs selon les surfaces traitées).

 

La séance

Le médecin ou son assistante, peut dessiner les limites de la zone à traiter avec un crayon blanc.
Le rasage sera en général fait immédiatement avant la séance afin de voir la qualité du poil.
Le port de lunettes est obligatoire. Les grains de beauté sont protégés.
Une sensation de chaleur et de picotement est ressentie à chaque impact de laser, comme un tir d’élastique.

 

Durée de la séance : 10 mn pour l’épilation du tour de bouche, 3/4 d’heure pour les ½ jambes, selon les machines utilisées.

 

Après la séance : on note une rougeur, une sensation de chaleur et parfois un discret gonflement (à la base des poils de calibre important) pendant 10 mn à 2 heures, rarement plus. L’éjection des poils traités se fait progressivement en 15 jours.
Soins post-laser : crème apaisante et protection solaire minimum 48 heures.
Pas d’exposition solaire si la peau est sensible.
Pendant 3 semaines ou plus, après la séance, il y a une sorte de « frein » à la pousse de tous les poils sur la zone traitée; puis, les poils qui n’ont pas reçu la lumière sur toute la longueur de la tige pilaire se remettent à pousser. Il est essentiel de ne pas les épiler à la pince ou à la cire pour qu’ils soient traités à la prochaine séance.

 

Effets secondaires

Ils sont limités en général à une rougeur et un léger gonflement pendant quelques heures. Le risque de croûtes et de cicatrices hyper pigmentées (brunes) existe lorsque le laser est appliqué sur un bronzage récent ou en cas de mauvais paramétrage. La survenue de brûlures profondes avec cicatrices achromiques (peau décolorée) est exceptionnelle.


L’absence de cotation de certains actes médicaux à la nomenclature de la Sécurité Sociale vous sera précisée par votre médecin lors de la première consultation.

 

Cette fiche d’information vous est remise par votre dermatologue qui est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions

Nouveau traitement au cabinet :

 

HIDROSADENITE SUPPUREE ou MALADIE DE VERNEUIL

 

L’utilisation des lasers ND:Yag 1064 nm est proposée avec succès dans les stades I et II de Hurley avec un résultat à long terme positif du fait de l’élimination des poils dans les zones atteintes.

 

L’hidrosadénite suppurée est une maladie inflammatoire et chronique du follicule pilo-sébacé. Elle se manifeste par l’apparition de nodules douloureux et inflammatoires profonds, situés le plus souvent au niveau des aisselles, des plis de l’aine et de la région ano génitale. Malgré un diagnostic relativement simple, cette maladie reste assez méconnue. Le retard du diagnostic est de 8 ans en moyenne. Le tabagisme et l’obésité sont très souvent associés. Elle touche 1% de la population française, soit 500000 personnes environ (3 femmes pour 1 homme) et débute après la puberté. Certains facteurs de risques ont été identifiés dans l’apparition de cette pathologie. 30% des patients atteints rapportent des antécédents familiaux d’hidrosadénite suppurée. Une mutation du gène codant pour le complexe de la gamma sécrétase en est la cause. Son diagnostic est pourtant important à poser car cette maladie a un fort impact sur la qualité de vie du patient. Du fait de la topographie des zones atteintes, du caractère chronique et imprévisible des poussées et des manifestations cliniques de la maladie les patients ressentent des perturbations conséquentes dans leur vie quotidienne (douleur, faible estime de soi, impact sur les relations interpersonnelles) ainsi que des conséquences dans leur vie professionnelle (arrêt de travail, invalidité).


Il repose sur la présence de nodules et abcès profonds associés à des fistules et des cicatrices hypertrophiques que l’on retrouve au niveau des aisselles, des aines, du périnée des fesses, des plis sous et inter mammaires. Sensation de brûlure, picotements, douleur, chaleur et ou une hyperhidrose peuvent survenir avant les nodules.Cette pathologie peut être classifiée selon plusieurs scores. Le score de Hurley est le plus utilisé :

 

  • Grade 1: forme légère (68,2% des patients). Abcès uniques ou multiples sans fistules ni processus cicatriciel fibreux.

  • Grade 2: forme modérée (27,6% des patients). Abcès récidivants avec formation de fistules et de cicatrices hypertrophiques. Lésion unique ou lésions multiples séparées les unes des autres.

  • Grade 3: forme sévère (3,9% des patients). Atteinte diffuse ou quasi-diffuse ou fistules interconnectées et abcès sur toute l’étendue de la zone atteinte.

 

Le score de Hurley permet de catégoriser les patients, car la maladie de Verneuil montre une remarquable stabilité: les formes les plus graves le sont d’emblée et les formes mineures le restent tout au long de l’évolution. D’autres scores existent, comme le score de Sartorius qui prend également en compte l’efficacité des traitements.L’hidrosadénite suppurée est parfois associée à d’autres pathologies. En effet, celle-ci fait partie de la tétrade de l’occlusion folliculaire, lui associant :

 

  • l’acné,

  • la folliculite disséquante du cuir cheveulu,

  • le kyste pilonidal.

 

On observe également des associations avec :

 

  • une spondylarthropathie,

  • une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique),

  • un syndrome métabolique: diabète et dyslipidémie.

Traitement de la maladie de verneuil par laser ND-Yag

Maladie de  Verneuil laser Nd:Yag 1064 nm LP après 4 séances

Le traitement


L’exérèse chirurgicale parfois très large, reste le plus souvent pratiquée en raison du retard diagnostique mais la récidive est constante. L’antibiothérapie large spectre n’empêche pas les récidives. L’Isotrétinoïne et le zinc oral sont peu efficaces. Le sevrage tabagique et un régime diététique sont essentiels. Les biothérapies (anti TNFα) font depuis quelques années l’objet d’essais cliniques car leur utilisation repose sur la présence du TNFα, cytokine retrouvée dans la cascade inflammatoire de la maladie de Verneuil et leur efficacité dans les pathologies associées telles que le Crohn. L’utilisation des lasers ND:Yag 1064 nm est proposée depuis les années 2009 avec succès dans les stades I et II de Hurley, avec un résultat à long terme positif du fait de l’élimination des poils dans les zones atteintes (cf fiche laser épilatoire).Les séances sont réalisées sur les zones atteintes tous les mois pendant 3 à 6 mois, avec une amélioration significative et une absence de récidive pour les stades précoces.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

1. Randomized Control Trial for the Treatment of Hidradenitis Suppurativa with a Neodymium-Doped Yttrium Aluminium Garnet Laser EMILY TIERNEY, MD, BASSEL H. MAHMOUD, MD, PHD, CAMILE HEXSEL, MD, DAVID OZOG, MD, AND ILTEFAT HAMZAVI, MD_ Dermatol Surg 2009;35:1188–1198

2. Prospective controlled clinical and histopathologic study of hidradenitis suppurativa treated with the long-pulsed neodymium:yttrium-aluminium-garnet laser Bassel H. Mahmoud, MD, PhD, Emily Tierney, MD, Camile L. Hexsel, MD, John Pui, MD, David M. Ozog, MD, and Iltefat H. Hamzavi, MD Detroit, Michigan J AM ACAD DERMATOL 2010, VOLUME 62, NUMBER4, 637-645

3.Histopathologic Study of Hidradenitis Suppurativa Following Long-Pulsed 1064-nm Nd:YAG Laser Treatment Lisa Y. Xu, MD; Dakara Rucker Wright, MD; Bassel H. Mahmoud, MD, PhD; David M. Ozog, MD; David A. Mehregan, MD; Iltefat H. Hamzavi, MDArch Dermatol. 2011;147(1):21-28.